“Les bonnes manières : Guide élégant pour une conduite irréprochable en société”

Influence du chapeau sur la politesse D’après “Monsieur: revue de l’élégance, des bonnes manières et de tout ce qui intéresse Monsieur”, publié en 1923.La politesse et les bonnes manières ont toujours été des piliers essentiels du savoir-vivre en société et ont évolué au fil des époques. Dans ce contexte, porter un chapeau a longtemps été considéré comme un symbole de respectabilité et d’élégance. Bien que les codes vestimentaires aient évolué avec le temps, l’usage du chapeau en société demeure une tradition qui transcende les époques et les cultures. Dans cet article, nous aborderons l’art des bonnes manières sous différents aspects, en mettant l’accent sur l’importance du port du chapeau en société et son étiquette associée. Apprenez comment adapter les coutumes d’autrefois aux exigences de la vie moderne pour un comportement exemplaire en toutes circonstances.

En 1923, l’écrivain Paul Sentenac plaide, dans la revue Monsieur, en faveur d’un retour du haut-de-forme, couvre-chef selon lui à la manifestation des signes élémentaires de politesse venant à manquer depuis que le tricorne, en vogue au XVIIIe siècle et fidèle allié des révérences et du baisemain, a cédé la place au feutre mou ou au béret.

Au début du XXe siècle, explique Paul Sentenac, Marcel Boulenger, romancier auteur de plusieurs pastiches et “faux littéraires”, mais aussi médaillé de bronze aux Jeux olympiques d’été de 1900 dans l’épreuve individuelle de fleuret et frère de l’historien Jacques Boulenger allie le dandysme à la politesse dans une chronique vivante où il malmène rudement ceux qui ne répondent pas aux lettres qui leur sont adressées ; il envoie un mot à un personnage qui se dispense d’ôter son couvre-chef pour rendre sa sécurité à un passant : “Il vaut mieux ne pas porter seulement un doigt sur son chapeau depuis qu’on a renoncé au tricorne ; car le geste de soulever un chapeau de feutre ou un melon est décidément trop laid. 

 Le délicat écrivain a mis ces mots dans la bouche de son personnage pour se donner la satisfaction de lui adresser un nouveau reproche, poursuit Sentenac. Ce grossier parvenu aggravait son cas, en ajoutant une mauvaise raison à ses manières rustiques. Car, semble-t-il, plus on a de peine ou de difficulté à réaliser un mouvement de politesse, plus on aura de mérite à s’éviter, et notre politesse sera plus grande. Offrir une place à une dame dans le métro devient presque une dédicace si l’on vient de visiter un grand salon de peinture. 


 Le roi Louis XV de France, âgé de 7 ans, coiffé d’un tricorne, par Justinat (1717)

 Mais la politesse ne doit pas être austère et sérieuse. Le jansénisme ne lui convient pas. Au contraire, nous nous réjouissons que les manières polies soient entourées d’élégance et de grâce. M. de Voltaire enroulant des strophes autour de la politesse affirmait : “De la bonté du cœur, elle est la douce image.” Mais il a d’abord dit : “La politesse est dans l’esprit : La politesse est dans l’esprit Ce que la grâce est dans le visage. 

  En effet, au XVIIIe siècle, le chapeau à trois coins rendait la salutation élégante et facile, la main saisissait aisément la corne antérieure du chapeau, et les doigts se disposaient volontiers autour d’elle. Ce siècle a été salué parce qu’il était agréable d’accomplir un geste gracieux. A Fontenoy, les Français et les Anglais, avant d’échanger des coups d’épée, se donnent courtoisement des coups de chapeau à trois cornes. L’aisance à enlever son tricorne n’est qu’apparente. La perruque ! Voilà la perruque dont la queue est soigneusement tressée. Fi ! Le maladroit qui la déplacerait ! Et quant à celui qui l’enlèverait en même temps que le chapeau, l’homme ridicule !

 Les peintures et gravures des années de règne de Louis XV et Louis XVI représentent souvent des personnes de qualité gardant leur tricorne sous le bras. Et c’est autant pour éviter de meurtrir leur perruque que pour offrir l’agrément de leur tête de perruque. Ah ! si ces messieurs du XVIIIe siècle avaient des astuces opportunes ! Ils déjouaient la calvitie et la vieillesse. Ils voulaient être gris dès l’âge de chérubin pour ne pas devenir celui de Géronte, et leurs cheveux blancs avaient des boucles adolescentes. Portant sous le bras ce tricorne qui s’y place assez facilement, nos ancêtres ne se privaient pas de galantiser leurs compagnons de corbeilles. Ils multipliaient les révérences et les baisers.

  Nous n’avons pas attendu l’ère Mitteau pour le découvrir. Souvenons-nous de cette histoire du paysan qui reconnaît le roi Henri IV, que sa Majesté est la seule à garder le chapeau sur la tête au milieu de la plus nombreuse compagnie. Pourtant, ôter un bonnet de velours ne devait pas être si commode. Et que l’on songe aux précautions avec lesquelles un jeune page enlève son bonnet pour ne pas abîmer la haute plume et ne pas gêner la chute harmonieuse de sa belle chevelure. Quant au galant cavalier de Louis XIII ou de Louis XIV, lorsqu’il prend d’un air de panache le bord de son large feutre non moins empanaché et qu’il le balance devant une dame, c’est une véritable figure de ballet qu’il exécute, décomposée en plusieurs mouvements. 

 Les Grecs comme les Romains restent généralement tête nue. On ne lit pas dans leurs banquets qu’ils enlevaient leurs couronnes de roses pour accueillir les femmes. Pétrone aurait pu rester l’arbitre de l’élégance en déroulant sa tête avec la guirlande de roses, dont les pétales pourraient tomber en hommage aux délicats pieds nus, le tout parfumé à la verveine.

On n’entoure pas nos fronts de fleurs comme les anciens, mais on s’habitue à aller sur les plages, l’été, sans chapeau, cheveux au vent, explique Paul Sentenac. Que la conquête de cette liberté passe par celle de pouvoir poser plus facilement nos lèvres sur les mains fines des joueurs de tennis. Le petit béret bleu basque n’est plus seulement la coiffure des montagnards. Il a été adopté par des jeunes gens élégants, en vacances à la montagne ou à la mer.

 C’est une coiffure dont la simplicité singulière épouse la forme de la tête, donne de la jeunesse au visage. Mais il y a le revers du béret comme celui de la médaille. Si l’on veut polir quelqu’un en ôtant son béret, il faut se résoudre à lui présenter le désordre d’une chevelure tout emmêlée. La casquette que nous nous permettons de mettre en voyage nous laisse aussi tout dépeignés lorsque nous l’enlevons. Le feutre mou est assez esthétique ou assez laid selon la forme de ses ailes et de sa coiffe. Mais on ne peut le saisir sans le cabosser, sans le déformer. Le melon est plus facile à prendre. Cependant, si vous avez l’habitude de le pousser jusqu’aux oreilles et que vous forcez à porter vos deux mains sur ses bords pour l’arracher à votre crâne, vous hésiterez à saluer aussi bien le melon au feutre doux. Et vous vous contenterez de lever un doigt vers votre chapeau. Or voici un geste de la dernière impolitesse dans sa négligence, sa suffisance, par le ton indifférent ou protecteur qu’il accuse envers celui que vous rencontrez. 

Le chapeau de paille se prête assez bien aux protestations de civilité. Il est à peine porté pendant trois mois. Le chapeau haut de forme semble privilégier la taille du chapeau. Le romantisme qui l’exhibe n’aime pas les démonstrations étroites. Alfred de Musset, mince dans sa redingote bleue ajustée, finement ganté, n’a certainement pas manqué de dandysme au moment où il a retiré son tube devant une dame très amusée. 


Le haut-de-forme, bien délaissé depuis plus d’un lustre, conclut Paul Sentenac qui écrivait au début des années 1920, réapparaît dans les théâtres et les pesages. Qu’il devienne tout à fait à la mode s’il doit ramener, dans notre manière de saluer, plus de politesse et de courtoisie.

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