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Les Pandémies dans l’Histoire

 

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Coronavirus ou Covid-19 Contexte

 

Comme le disaient les Gaulois “le ciel nous est tombé sur la tête” sous la forme la plus petite et pernicieuse possible : un virus.  Destructeur et perfide né dans un laboratoire P4 en Chine dans la région de Wuhan et sur lequel circule les plus folles rumeurs et spéculations : le coronavirus appelé Covid-19 car venu en 2019 et, bien qu’il ne soit qu’un autre coronavirus à l’instar de la grippe, il décontenance un siècle où l’on croyait de genre de dévastations morte et enterrée.   Pourtant l’épidémie du Covid-19 est loin d’être une première dans l’Histoire du monde et des hommes.

 

Avant un voyage dans le temps sur les grandes pandémies qui ont frappé le monde de l’Antiquité au 20ème siècle, petit détour étymologique.

 

Epidémie ou pandémie, même différence ?

 

Le mot épidémie provient du grec “epi”, qui signifie au-dessus, et du grec “demos”, peuple. Au-dessus du peuple, on peut donc l’interpréter comme la propagation à un grand nombre de personnes. Dans le contexte médical : une contagion par exemple. Cependant, cette contagion reste cantonnée à un emplacement géographique bien défini.

Si la contagion touche les animaux et non pas les êtres humains, alors on devra parler de “épizootie”.

 

Le mot pandémie provient du grec “pan”, qui signifie tous, à la différence d’épidémie, il ne connait aucune restriction géographique, et s’applique donc en cas de propagation à la population de tout un continent voire du monde entier. De nos jours, seule l’OMS est habilitée à déclarer une pandémie.  

 

 

 

Les pandémies dans l’Histoire du monde.

 

L’Organisation Mondiale de la Santé a déclaré le 12 mars 2020 que l’épidémie du Covid-19, qui progresse exponentiellement de façon alarmante partout dans le monde depuis fin décembre 2019, pouvait être appelée “pandémie”.

Situation alarmante pour notre siècle ultra contrôlée et dans lequel nous nous croyons protégés en maîtrisant tout.

Nous avons un réel manque de recul pour appréhender la situation avec calme, car si la situation est catastrophique, elle n’est pas la plus meurtrière et d’autres fléaux comme la famine tuent chaque jour bien plus que le coronavirus, mais ceci est passé sous silence par les médias ; Pas assez vendeur ou pas d’intérêt personnel ??

 

En nous plongeant dans les livres d’histoires, l’on y trouve des témoignages intéressants qui peuvent nous éclairer quant à la future marche à suivre.

La comparaison va inévitablement à la grippe espagnole surnommée la “mère de toutes les pandémies”, qui a frappé durant les derniers mois de la Première Guerre mondiale. Cependant la comparaison avec le fléau de notre époque contemporaine s’arrête là.  Covid 19 est un petit joueur par rapport à son aînée de 1918-1919 qui a atteint entre un tiers et la moitié de la population mondiale, et tué entre 20, 50, voire 100 millions de personnes, selon les estimations. La plus meurtrière des pandémies mais certainement pas la première. Plongeon dans l’Histoire.

 

La peste d’Athènes au 5ème siècle avant Jésus-Christ

Ironie du sort ou point 0, c’est en Grèce, d’où vient le mot « pandémie » que l’on situe la première pandémie répertoriée. Elle est survenue au 5èeme siècle avant Jésus-Christ. A cette époque, la civilisation grecque est à son apogée, florissante et influence l’ensemble du bassin méditerranéen

Entre 430 et 426 ans, une vague de fièvre typhoïde venue du nord de l’Afrique (Ethiopie, Egypte, Libye) frappe la ville d’Athènes au moment où elle était en guerre contre le royaume de Sparte dans la guerre du Péloponnèse.  D’après les récits de Thucydide, elle aurait emporté la quasi moitié habitants (entre 75 et 100 000 personnes) de la ville-état, qui en comptait environ 200.000. Le plus célèbre d’entre eux fut « Le Premier citoyen d’Athènes » le Général Périclès. Sa mort signera le déclin d’Athènes et la fin de l’âge de ce siècle de Périclès.

La peste Antonine frappe l’Empire romain à la fin de l’an 165 ou au début de l’an 166

Il s’agit d’une des premières grandes épidémies bien documentées. Cette “peste antonine, survenue durant le règne de Marc Aurèle, fit 10 millions de morts entre 166 et 189 due au virus de la variole. Elle commence fin 165- début de 166, en Mésopotamie, pendant la campagne parthique de Vérus et gagne Rome en moins d’un an.

La pandémie durera au moins jusqu’à la mort de Marc-Aurèle en 180, et sans doute pendant la première partie du règne de son fils Commode. 

La peste de Justinien affaiblit l’empire romain d’Orient, entre les VIe et VIIIe siècles

 

La peste de Justinien, dite aussi “pestis inguinaria” ou “pestis glandularia” en latin, est la première pandémie affirmée de peste (des doutes demeurent quant à l’origine virale exacte des fléaux précédents), survenue entre les VIe et VIIIe siècle. Elle va ruiner les efforts de l’empereur Justinien pour restaurer la grandeur de Rome. Elle va aussi préparer le terrain à l’arrivée des conquérants arabes sous la bannière de l’islam au siècle suivant…

Elle frappe Constantinople à compter de février 542 : rapidement, des milliers de personnes meurent chaque jour sans que personne ne puisse les enterrer. C’est tout l’ordre social et économique qui s’effondre, les marchés ne fonctionnent plus, on ne trouve plus à se nourrir. Au total, c’est sans doute près de la moitié de la population de Constantinople, laquelle comptait plus de 500 000 habitants qui disparaît en quelques semaines.

 

La pandémie atteint son paroxysme lors de la deuxième partie du VIe siècle. Elle restera cependant présente encore deux cents ans, arrivant par vagues (on en comptera une petite vingtaine). Grégoire de Tours l’appelait la “Maladie des aines, les bubons ayant une propension à se développer sur cette partie de l’anatomie humaine.

 

Pour certains, cette épidémie est partie d’Egypte. Pour d’autres, elle serait venue d’Asie centrale et aurait été propagée via la route de la Mer Rouge. Quelle que soit son origine géographique exacte, elle a été véhiculée par les premiers échanges commerciaux. Les estimations des victimes varient de 25 à 100 millions de morts. Soit un tiers à la moitié de la population de l’époque. Au début du fléau, l’empire romain d’Orient jouissait d’une puissance militaire et économique considérable. Son impact l’affaiblira et l’empêchera de refonder un empire romain unifié dû à un véritable désastre économique. Sans argent et avec un nombre d’hommes insuffisant, Justinien ne pourra repousser les attaques des Perses.

 

 

L’Europe victime de la peste noire au Moyen-Âge, de 1347 à 1353

“La grande peste” du Moyen-Age est restée, en Occident, profondément ancrée dans la mémoire collective. Et pourtant, comparativement à la perte de Justinien, elle fit moins de morts.  Du au bacille de Yersin ou Yersinia Pestis transmise par les puces se nourrissant du sang des rats, cette infection touchait les poumons et tuait en quelques jours. De 1347 à 1353, cette infection bubonique tuera entre 25 à 34 millions de personnes dans une Europe en plein essor, démographique, agraire et économique (40 % de la population) ; laissant un impact économique, démographique, social, et religieux profond.

« Dans le village de Givry, en Bourgogne, le curé du village a tenu un registre de la population, chose très rare à l’époque. On sait qu’il y a eu 643 morts, dans un village de 1500 personnes, entre du 1er août au 15 novembre 1348. »

Le désarroi des dirigeants et de la population, persuadés d’être victimes d’une manifestation de la colère divine, devant cette tragédie a entraîné une série d’atrocités. Convaincus que la peste noire était le résultat d’une calamité divine, de nombreux citoyens ont tenté de trouver des responsables. Le bouc émissaire désigné à l’époque était le peuple juif, qu’on accusait d’avoir empoisonné l’eau des puits. Des pogroms ont été mis sur pied et ont fait disparaître des dizaines de milliers de Juifs en quelques jours seulement.

 

En réalité, les facteurs de propagation sont la guerre puis le commerce. Le foyer serait venu d’Inde ou de Chine. Certaines sources racontent que lors d’un siège de Caffa [port génois des bords de la Mer noire en Crimée], les Mongols lançaient des corps malades par-dessus les murailles pour atteindre les habitants, comme une arme de guerre biologique. On sait que la peste est importée en Occident par un navire génois, qui accoste notamment dans le port de Marseille en 1347. Constantinople, Messine, Gênes, Venise et en France, Marseille : en un an, les riches cités portuaires du tour du bassin méditerranéens, alors prospères, sont touchées les unes après les autres. C’est à cette époque que fut instaurée la mise en “quarantaine”.

 

La fièvre jaune sévit à plusieurs reprises, au XVIIe, XVIIIe et début du XIXe siècle

Cette fièvre jaune qui fait référence à la jaunisse de ceux qui en sont touchés, est également appelée “fièvre amarile”, “typhus amaril” “vomito negro” (“vomi noir”) ou peste américaine, est une maladie hémorragique virale aiguë transmise par des moustiques infectés. Contrairement à l’idée reçue, le mal serait né non pas en Asie (continent qu’il n’a jamais touché), mais dans les régions tropicales des Amériques où une grande épidémie touche le Yucatan au Mexique, en 1648. La fièvre jaune affectera en grand nombre les Européens, mettent un frein à une colonisation qui aurait été encore plus rapide et brutale.

peste jaune Copyright Getty Images
peste jaune Copyright Getty Images

Les Français ont été fortement confrontés à la fièvre jaune

D’autres vagues suivront à travers le temps. Ainsi à la fin du XVIIIe siècle, la maladie tue 10% de la population de la ville Philadelphie. En 1821, un bateau parti de Cuba ravage Barcelone, faisant 20.000 morts.  Les Français durent souvent faire face à la fièvre jaune qu’ils appelèrent “typhus amaril” quand ils y furent confrontés en Guyane en 1763. Les quelques rescapés de l’épidémie se réfugièrent sur les îles du Diable, devenues pour l’occasion les îles du Salut. La fièvre jaune provoqua également un désastre dans le corps expéditionnaire français envoyé en 1802 à Saint-Domingue pour mater le soulèvement des autochtones conduits par Toussaint Louverture.

Selon l’OMS, la fièvre jaune frappe encore à l’heure actuelle, en Amérique du Sud (notamment le Venezuela) et en Afrique subsaharienne (Angola).

La deuxième pandémie de choléra sème la panique en France, en 1832

Vers 1826, le choléra-morbus ou choléra anglais fait son apparition en Inde, gagne la Russie en 1830, y puis la Pologne et la Finlande. Ce mal meurtrier et jusque-là inconnu, provoque diarrhées abondantes et aigues provoquant la mort par déshydratation, et atteint Berlin en 1831, les îles Britanniques en février 1832 et la France en mars de la même année, semant la panique. À Paris, le premier cas de choléra est attesté le 26 mars 1832. On dénombrera 100 000 morts dont Casimir Périer, le ministre de l’Intérieur de l’époque, qui avait pourtant pris des dispositions de prévention dès la fin 1830.

La pandémie a inspiré à Jean Giono son roman “Un Hussard sur le toit” (1951) adapté en 1995 au cinéma par Jean-Paul Rappeneau avec Juliette Binoche et Olivier Martinez.

L’étymologie du terme choléra ne fait pas débat. Il s’agit du mot bien attesté en grec ancien, χολέρα / choléra qui désignait déjà chez Hippocrate la maladie que nous connaissons Ce mot est un dérivé du grec χολή / kholê, « bile ». Passé en latin sous la même forme, il est à l’origine de l’adjectif cholérique en 1826, et du mot colère. L’hypothèse selon laquelle il viendrait de l’hébreu cholira « mauvaise maladie » n’est pas vraisemblable

Cette pandémie fera plus d’un million de victimes en Europe.

Arrivée au Québec avec des immigrants irlandais, toujours en 1832, la maladie tue 1.200 personnes à Montréal et 1.000 dans le reste de la province, puis s’étend en Ontario et en Nouvelle-Écosse. Des passagers la font entrer aux États-Unis par Détroit et New York. La pandémie atteint l’Amérique du Sud en 1833 et perdure jusqu’en 1848, faisant 52.000 victimes en deux ans.

Actuellement, l’OMS estime “à près de 3 millions le nombre de cas et à plus de 95.000 le nombre de décès dus à cette maladie chaque année dans le monde”.

Le retour de la Peste Noire au milieu du 19ème siècle

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, la peste fera son grand retour et resurgira sur les hauts plateaux chinois. D’Asie, elle se répandra ensuite en Orient, principalement sur le pourtour de la mer Rouge. Les ports seront des cibles de choix, d’où des mises en quarantaine de villes, principalement portuaires, jusqu’au milieu du XXe siècle, comme Marseille en 1902… La dernière en Europe sera mise en place à Ajaccio, en Corse, en 1945.

Cette période verra malgré tout une lueur d’espoir avec Louis Pasteur qui parviendra à créer un vaccin atténué. En l’honneur de Jenner, il invente le terme « vaccin ».

La grippe espagnole fait des ravages, à la fin de la Première Guerre mondiale, en 1918

La pandémie de grippe espagnole, apparue à la fin de la Première guerre mondiale, peut-être dès 1916–1917, aura touché entre un quart et un tiers de la population mondiale.  Elle fut une tueuse bien plus efficace que la Grande Guerre entre 25 à 100 millions de morts dont 165 000 en France, et responsable de l’explosion du taux de natalité durant les années 20. Son origine humaine et aviaire, n’a rien à voir avec l’Espagne car elle se déclare aux États-Unis, puis en Europe, avant de se répandre sur tous les continents. Le virus a été nommé ainsi car à cette époque, l’Espagne, qui n’est pas engagée dans la Première Guerre mondiale, n’est pas soumise à la censure. À l’inverse de ses voisins qui cherchent à cacher leurs morts, elle publie librement et publiquement des informations sur cette maladie, d’où le nom de “grippe espagnole”. Véritable catastrophe humaine et sanitaire, la grippe espagnole va durer deux ans.

La pandémie la plus dévastatrice de l’histoire touchera quasiment tout le globe. Malgré un taux de mortalité de “seulement” 2 à 4 %, elle fera des dizaines de millions de morts, dont 165.000 en France. La plupart des victimes mouraient de surinfection bactérienne, qui se déclarait au bout de 4–5 jours et conduisait au décès une dizaine de jours après les premiers symptômes grippaux, en l’absence, à l’époque, d’antibiotiques